La valse à trois temps ou le déni de démocratie (deuxième partie)

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2- Deuxième temps : éliminer Manuel Valls à gauche

Une autre manipulation est nécessaire pour déstabiliser la gauche. Elle a consisté à éliminer l’ancien premier ministre Manuel Valls lors des primaires de la gauche au profit de Benoît Hamon, un apparatchik socialiste marqué idéologiquement très à gauche et faisant rêver les militants avec le salaire universel.

Des militants socialistes ont voté Hamon délibérément aux primaires  pour qu’il devienne le candidat de la Gauche, mais étrangement ils n’ont pas voté  pour lui lors du  premier tour des présidentielles, le 23 avril, mais pour Macron.

À ce déplacement de voix, il faut ajouter très certainement des manipulations dans le décompte des résultats lors des primaires de gauche organisées par le parti socialiste.
Il est étonnant d’entendre le soir du premier tour des primaires de gauche, la Haute autorité annoncer les résultats à 20h30 en pourcentages qui ne bougeront pas malgré le dépouillement de centaines de milliers de bulletins. Certains experts expliquent cet étrange phénomène par la forte culture de fraude du parti socialiste. Et de citer comme exemple l’élection à la tête du parti socialiste de Martine Aubry contre Ségolène Royal (en 2008) après un trucage des résultats. Ces soupçons de manipulations n’ont été dénoncés par aucun leader socialiste. Comment se fait-il que Manuel Valls n’ait pas contesté les résultats ou émis des réserves ? Il semble avoir joué un rôle de figurant dans un scénario écrit à l’avance.

Faire élire Hamon, marqué idéologiquement très à gauche, n’est pas neutre. Il est évident qu’il ne fait pas concurrence à Macron, ce qui aurait été différent si Manuel Valls avait été désigné.  La campagne de Hamon a été calamiteuse, outre des erreurs tactiques, il n’obtient qu’un faible soutien des leaders du parti socialiste. Pendant ce temps on assiste au ralliement  tout au long de la campagne, de ministres et responsables socialistes (dont Manuel Valls) à la candidature de Macron.

On comprend que toutes ces manipulations à droite et à gauche ont pour seul objectif de dégager la voie à la candidature d’Emmanuel Macron. D’un côté on cherche à affaiblir puis à éliminer le candidat  Fillon par une campagne médiatique en montant des affaires. De l’autre côté, à gauche, on dégage l’espace politique pour Macron en éliminant M.Valls au profit  de B.Hamon qui se trouve propulsé à gauche de l’échiquier politique. Il est en effet contraint de se battre avec son concurrent à gauche, Mélenchon qui fait une campagne beaucoup plus dynamique que lui et le distancera rapidement.

3-  Troisième temps : Faire élire Emmanuel  Macron

L’objectif est bien de faire élire Macron. Ce dernier est fabriqué et lancé comme un produit marketing depuis plusieurs mois en insistant sur son aspect « moderniste »,  « jeune » , « branché », le candidat « geek » qui comprend l’évolution du monde et de la technique, tout en étant un intellectuel qui dépasse les vieux clivages dépassés droite/gauche.

Quels sont les ralliements à Macron ? Une rapide analyse des divers ralliements à sa candidature nous donne une idée des forces qui se positionnent derrière le candidat.

On trouve la vieille garde du « politiquement correct » : Laurent Joffrin, Pierre Bergé, Bernard Henri-Lévy, Jacques Attali, Alain Minc, Bernard Kouchner, Daniel Cohn-Bendit qui reçoivent le renfort de socialistes de droite mais aussi des centristes (F. Bayrou) et même des Républicains comme l’ancien directeur de campagne de Bruno Le Maire, Jérôme Grand d’Esnon ou l’ancienne ministre Anne-Marie Idrac.

E. Macron présente l’avantage stratégique de réaliser la synthèse entre le libéralisme économique et le libéralisme culturel.  Dans le domaine économique, il est pour la dérégulation, la  fin du salariat, « l’ubérisation » de la société, la suppression des nations et des frontières et pour une immigration massive censément bienfaisante pour l’économie, etc.

Dans le domaine culturel, c’est un libertaire dont le fondement idéologique est la doctrine relativiste. Il est favorable à une société multiculturelle, au libéralisme des mœurs, à la fin de la famille traditionnelle, au droit des minorités, à des accommodements avec l’islam, y compris avec l’U.O.I.F. (Union des Organisations Islamistes de France), etc.

Le profil des personnalités qui se rallient à Macron illustre bien l’idéologie véhiculée par le candidat, qui permet d’amalgamer des voix de gauche comme de droite. Pour cela, il se doit de rester dans le flou. Cela n’empêche pas les électeurs de se rallier sous la pression des médias. Cette pression  devient plus forte après le premier tour avec le duel Emmanuel Macron/Marine Le Pen où l’on rejoue le scénario de 2002 avec le front républicain face à la menace fasciste. Le scénario est écrit : C’est Emmanuel Macron qui va gagner. A l’issue du premier tour, le candidat Macron ne s’y est pas trompé puisqu’il a fêté sa victoire avec ses amis dans la soirée du 24 avril au restaurant la Rotonde.

Les conséquences politiques

Les primaires ont été la première victime de cette manipulation. Les médias avaient fait l’éloge des primaires comme étant une grande avancée de la démocratie, désormais les  candidats n’étaient plus désignés par un groupe restreint de notables, ou tout simplement autoproclamés. Alors pourquoi ont-elles été « court-circuitées » ? Ce sont en effet les candidats hors primaires qui survivent : à savoir Mélenchon, Macron et Le Pen. Tous ceux qui ont participé à ces primaires, ont été éliminés (Sarkozy, Juppé, et même celui qui a été élu, F. Fillon. Le phénomène est identique à gauche avec Valls et Hamon). Les primaires apparaissent aux yeux des citoyens comme un subtil jeu de bonneteau pour voler leurs voix et un « piège à cons » pour les politiques qui se sont prêtés au jeu.

La seconde victime est la classe politique qui est une fois de plus déconsidérée par le déballage des affaires. Ceux qui ont commencé à jouer à lancer des « boules puantes » comme disait le général de Gaulle, ont ouvert la boîte de Pandore des « révélations » sur les candidats. L’intérêt de cette campagne est de faire monter les mécontents et de renforcer le « populisme ». Il faut en effet constituer une nouvelle force extrémiste en France, un parti populiste, qui sera facile à combattre.

Les  deux grands partis de gouvernement qui structurent la vie politique française, à savoir le Parti socialiste et Les Républicains dont les candidats ont été éliminés, sont la troisième victime. L’objectif de ces manipulations est bien la restructuration du paysage politique avec la disparition de ces deux grandes forces politiques pour les remplacer par un grand mouvement « centriste », coalition de  mouvements instables et donc manipulables face à un mouvement populiste, sorte de « parti épouvantail » qui servira de repoussoir. Cette nouvelle configuration permettra de constituer des majorités de circonstance comme sous la IVe  République, et cela au sein même des institutions de la Ve République. Il ne reste plus qu’à instaurer des élections à la proportionnelle pour détruire complètement l’ouvrage mis en place par le général  de Gaulle.

Qui manipule et pour quels intérêts ?

François Fillon nous a indiqué une piste lorsqu’il déclare le 1er février à son équipe qu’il s’agit d’un « coup d’État institutionnel » contre sa candidature à la présidentielle. Pour lui, le coup  provient « de la gauche », sans plus de précision. Il a ensuite mentionné l’existence d’un « cabinet noir » à l’Elysée qui aurait organisé cette manipulation, ce qui a soulevé une indignation chez les membres du gouvernement et dans les médias. La droite  n’ayant aucune preuve tangible, preuve qui est d’ailleurs très difficile à obtenir dans ce genre de manipulation, la dénonciation fit long feu. Pourtant les auteurs de l’ouvrage « Bienvenue place Beauvau », expliquent bien que « Montebourg sait qu’en politique la pièce se joue en partie à l’arrière scène, là où œuvrent  des officines ».  Certaines sont aux ordres de l’Elysée et les auteurs donnent comme exemple une société d’intelligence économique « qui travaille en sous-main avec la DGSE ». Mais étrangement les journalistes qui enquêtaient sur les costumes de Fillon n’ont pas cherché à creuser ces  pistes.

Un réseau effectivement sévissait à gauche lors de la manipulation de 2002. Mis en place sous la présidence de F. Mitterrand, il a prospéré sous celle de J. Chirac. C’est la raison pour laquelle il l’a fait réélire à tout prix au détriment du candidat du parti socialiste. Pourquoi ce réseau a-t-il préféré un radical-socialiste à un socialiste ? 

En 2017, il semble que ce réseau ait rallié d’autres forces convergentes pour faire élire Macron.  Il est certain que ce dernier comme J. Chirac en son temps, sera redevable à ces réseaux de son élection. Quel « deal » a-t-il passé avec eux ? La question centrale est donc de savoir ce que cherchent à obtenir ces réseaux en faisant élire leur candidat  (Chirac en 2002 et Macron en 2017) au point d’organiser une manipulation sophistiquée.

En 2017, aux enjeux financiers classiques se sont agrégés des enjeux culturels. Si l’on prend l’exemple de 2002,  J. Chirac une fois élu a laissé les coudées franches à ces réseaux dans les domaines économique et financier. Il semble évident qu’avec Macron qui prévoit de « libéraliser » de nombreux secteurs de l’économie française, ces réseaux prédateurs pourront  démanteler et se partager des pans entiers de l’économie française.

Mais cette fois, s’ajoutent des enjeux idéologiques. Il est important pour eux de faire triompher la doctrine relativiste au sein de la société française. Il s’agit de contrôler totalement le système éducatif pour formater les jeunes, de poursuivre la législation en faveur des minorités en lien avec des groupes de pression internationaux. Il faut faire entrer l’élite française dans l’oligarchie globalisée. Il était évident que le candidat Fillon, qualifié de « conservateur » et de « catholique » était l’antithèse de leur modèle de société et qu’il fallait l’éliminer à tout prix. C’était donc non seulement un modèle économique mais aussi un modèle de société qui sous-tendaient cette manipulation.

Il est évident que toutes ces manipulations sont un déni de démocratie et visent à fausser le vote des électeurs au profit d’enjeux qu’ils ne soupçonnent pas. Les réseaux ont élaboré un scénario qui consiste à mettre les électeurs face à une fausse alternative : ils ont le choix entre la candidate d’extrême droite Marine Le Pen face à un candidat du centre Emmanuel Macron. Tout a été mis en place pour que la candidate d’extrême droite soit présente au second tour et serve de repoussoir pour que les électeurs votent Macron. Les médias vont même jusqu’à marteler qu’il ne faut ni s’abstenir ni voter blanc car ce serait voter pour la candidate d’extrême droite.

Cette manipulation va encore plus loin que les présidentielles puisqu’elle veut mettre en place une recomposition du  paysage politique qui sera constitué de deux grandes forces politiques : à savoir un grand mouvement centriste face à un parti populiste qui n’aura aucune chance d’accéder au pouvoir. On assiste ainsi à l’instauration progressive de la société imaginée par Orwell. 

Patrice Buffotot

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