La situation de la France est hallucinante autant que surréaliste : la dette de l’État a dépassé les 3000 milliards d’Euros. Le déficit du budget 2024 est de 112 milliards d’Euros. La violence est présente partout sur le territoire. Un proviseur est agressé à Paris et deux cent personnes attaquent un lycée à Cachan, pour ne prendre que deux exemples récents. Mais… la tour Eiffel est illuminée pour fêter l’entrée de l’avortement dans la Constitution. On croit rêver mais non. C’est vrai. Ceci me conduit à cinq remarques.
1) « C’est le progrès » nous dit-on. Il consiste en l’occurrence à garantir la liberté de l’avortement, liberté garantie par la Constitution. Je ne vois pas en quoi le fait de supprimer un fœtus est en soi un progrès. À ma connaissance le fœtus n’est pas une chose, une pierre, un végétal mais un être humain en devenir. Le supprimer consiste à annihiler une vie ; cela ne peut pas être un progrès. Or ce terme a été dit et redit sur les chaines de radio et de télévision ainsi que dans les journaux sans que personne ne s’en émeuve …
2) Je me permets donc de rappeler contre tout ce qui a été martelé, qu’il n’y a toujours pas de droit à l’avortement. Cette affirmation est fausse. La liberté garantie ne constitue pas un droit, car dans ce cas l’avortement devrait être obtenu par toute femme le réclamant. Aucun texte juridique ne parle de droit à l’avortement.
3) La loi Veil a dépénalisé l’avortement. Elle n’en a pas fait un droit. De plus, plusieurs dispositions ont été annulées : on a supprimé l’entretien préalable, on a permis à une mineure d’avorter sans que ses parents soient au courant. Le passage de 12 à 14 semaines a conduit le professeur Nizan à indiquer que dans ce cas il fallait briser la tête du foetus avec un marteau. Cela devrait faire réfléchir tous les thuriféraires du « progrès ».
4) Parmi les conséquences de cette entrée dans l’article 34 de la Constitution, on trouve la mise en cause possible de la clause de conscience qui permet à un médecin ou à un membre du personnel soignant de refuser de prendre part à un avortement. Le Garde des Sceaux nous assure qu’il n’y a pas de risque mais sur quelle base nous dit-il cela ? Le terme de « liberté garantie » pourrait être utilisé pour obliger les médecins à pratiquer l’avortement demandé.
5) Dans le contexte très difficile dans lequel se trouve notre pays au plan économique alourdi par la guerre en Ukraine, par le conflit à Gaza, par la menace terroriste et de développement de la violence au quotidien, sans évoquer la situation de l’école et de l’hôpital, était-ce bien utile de convoquer le parlement en congrès alors même que le pays connaît une crise de la natalité ? Je laisse le lecteur en juger…
Jacques Rollet, théologien et politologue