Péché originel et Hubris contemporaine

Le titre de ce texte peut surprendre toute personne ignorante des acquis de la théologie catholique. Il s’agit de se demander si la revendication contemporaine en matière de droits et réclamations individuels n’aurait pas quelque rapport avec la volonté pour l’homme de décider de ce qui est bien ou mal, au mépris du sens commun, de la morale livrée par la tradition et… de la révélation judéo-chrétienne.

Voyons à la situation française telle qu’elle ressort de l’actualité quotidiennement manifestée : le fonctionnement de plusieurs institutions publiques est décrit comme catastrophique, et par ailleurs on voit se déployer des revendications relevant du « wokisme », du racialisme, agrémentées par un discours qui se veut « politiquement correct » tout en étant lui-même agressif.

Concernant les institutions, on nous dit que l’hôpital va très mal, que la police est à protéger, que la justice est à bout de souffle. Ajoutons qu’en matière de niveau scolaire, la France est plutôt mal classée. Cela n’empêche pas un certain nombre de groupes très actifs de nous dire qu’il faut répondre à leurs revendications : il faut promouvoir le choix du sexe dès le plus jeune âge, accorder la PMA aux femmes seules et aux couples de lesbiennes (c’est voté!), dénoncer le racisme des blancs, déboulonner les statues, etc…

Un constat s’impose : ces revendications ont une assise théorique : le désir individuel fait loi à partir du moment où il est énoncé : si je désire avoir un enfant sans relation avec un homme, j’y ai droit, si je déclare être victime d’une colonisation qui remonte à plusieurs siècles dans son existence réelle, j’ai raison par principe, si je dis qu’un enfant peut choisir son sexe, j’ai encore raison puisqu’il suffit que je le dise  pour que cela soit vrai !

On appelle donc : droit, toute revendication même si elle heurte le sens commun célébré par Strauss, Arendt et Kant, dont se réclame une certaine modernité.

Il est donc urgent de rappeler que les droits de l’homme expriment ce qu’on peut appeler la dignité humaine, traduite en termes de liberté et d’égalité. Mais cette dernière n’implique pas la moindre uniformité : la différence des sexes existe et ne porte pas atteinte à l’égalité. Les races n’existent pas et il est donc paradoxal de revendiquer au nom de ce qu’on dit ne pas exister : les antiracistes qui se proclament tels ne cessent de parler de race.

Il est temps d’aller voir ce que nous dit la Bible dans le livre de la Genèse. Dieu dit à Adam et Ève de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Nous savons qu’il n’a pas été écouté et pouvons comprendre qu’il s’agit de « péché originel » en tant que péché fondamental : manger de cet arbre consiste à se faire décideur de ce qui est bien ou mal, en d’autres termes à se faire Dieu.

La révélation judéo-chrétienne nous livre par ailleurs, dans le Nouveau Testament à travers les épîtres de Paul, cette vérité selon laquelle la liberté humaine a besoin d’être libérée de cette volonté de se faire Dieu. La mise à mort de Jésus de Nazareth résulte de cette volonté d’éliminer celui qui invite à faire la vérité. L’évangile de Jean nous dit : « Celui qui fait la vérité vient à la lumière » (Jn 3,21).

Il serait temps de faire la vérité sur la nature de certains désirs de toute-puissance .

Jacques Rollet, théologien et politologue

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