Du rejet de l’interdit au triomphe de la déploration

« Le relativisme culturel conduit immanquablement au dogmatisme le plus intolérant »

La phrase de Bossuet : «  Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets alors qu’ils en chérissent les causes »  n’a jamais été à ce point d’actualité. Devant la multiplication des violences liées aux bandes de jeunes, violences mortelles le plus souvent ; devant les plaintes pour agressions sexuelles entre adultes ou à l’égard d’enfants ; on entend des déclarations horrifiées, par exemple celle de Mme Rossignol, membre du Parti socialiste et ex-secrétaire d’État à la famille : « Où sont les pères ? ». Cette femme lutte depuis des années pour faire comprendre que le père n’est pas important dans une famille, que n’importe qui peut jouer ce rôle. Elle milite pour la PMA sans père. Comprenne qui pourra !

Tentons cependant de clarifier la situation des idéologies dans notre beau pays.

La plupart des historiens et des sociologues situent en 1968 le grand retournement des mentalités, tout particulièrement en France.  « Mai 68 » symbolise ainsi la volonté de mettre en cause l’autorité, celle du politique, du prêtre, de l’enseignant, des parents. Le rapport hiérarchique est jugé néfaste, le savoir appartient autant à l’enseigné qu’à l’enseignant, les ministères ordonnés dans l’Église catholique doivent être abolis.
La sexualité doit être expérimentée dès le début de l’adolescence, la pédophilie est bonne pour l’adulte et l’enfant (voir à ce sujet la pétition qui en faisait l’apologie, republiée récemment à l’occasion de l’affaire Duhamel). Ce mouvement était dirigé vers tout ce qui représentait le « patriarcat » et le « mandarinat ». Plus de 50 ans après, on peut en mesurer les conséquences.

L’abandon des méthodes dites « traditionnelles » dans l’enseignement primaire et secondaire se traduit par le mauvais rang de la France dans le classement PISA et autres systèmes d’évaluation. La violence se répand dans les banlieues, les évènements de Blois étant les derniers en date. On y entend qu’il faut tuer la police. On déplore la situation des femmes seules avec enfant, en oubliant de dire que l’échec scolaire y est plus élevé, que la pauvreté y est plus dramatique parce que cela obligerait à reconnaître que la promotion d’une sexualité précoce à entraîné la constitution de couples instables dont l’homme s’extrait au plus vite. Cela n’empêche pas les déplorateurs de réclamer la PMA pour les femmes seules et les couples de lesbiennes, en ne percevant même pas leur incohérence.

Mais il faut aller plus loin pour percevoir le lien existant entre le relativisme qui domine dans la société et chez les intellectuels – particulièrement dans les « sciences sociales » – et le dogmatisme qui se développe chez les mêmes. On nous dit d’un côté qu’il n’y a pas de valeurs universelles, que tout se vaut et ne vaut que par le « c’est mon choix »,  et de l’autre on affirme qu’il faut tout analyser en termes de races, de genre et de passé colonial. Notons qu’on n’a jamais entendu autant parler de race dans la bouche de ceux qui nous disaient il y a encore quelques années que les races n’existent pas.

La conclusion s’impose d’elle-même : le relativisme culturel conduit immanquablement au dogmatisme le plus intolérant. Les tenants du « tout se vaut »  pensent ainsi que vaut seulement ce qu’ils pensent. La contradiction n’est pas seulement comique. Elle conduit à la désagrégation de notre société.


Le problème est que ceux qui la provoquent ne s’en sentent jamais responsables.

Jacques Rollet, théologien et politologue

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